Critique du film Zebraman

Takashi Miike, réalisateur inattendu dont le potentiel est connu de tous, signe ici un long métrage particulier et classique à la fois, particulier par le thème traité, classique par la manière de l’aborder.

Cela dit, Takashi Miike avait déjà mis en scène un super héros, façon cinéma décomplexé, agressif et gore avec Ichii The Killer. Ici, avec Zebraman, le ton est bien plus convenable et grand public. Un seul homme, deux mondes se côtoient … la surprise est souvent de taille, le respect vis à vis du réalisateur identique, en revanche, avec Zebraman, l’attente fût longue pour une surprise au moins aussi excitante qu’un épisode des Power Rangers.

Zebraman est sans relief, sans être bon ni mauvais, Miike signe ici un long métrage sans grand intérêt, limitant les effets spéciaux (par manque de budget peut-être ?) au strict minimum, mettant en scène un instituteur minable qui va finalement trouver son salut, sa vraie personnalité au travers d’un personnage au départ imaginaire puis bien réel : Zebraman.

Dépassé par ses responsabilités familiales, ridiculisé par ses élèves, l’instituteur est écrasé, invisible, mais pourtant un jour, va suivre son désir et par passion va alors revêtir le déguisement « cheap » à souhait de son super héros « Zebraman », pensant ainsi affirmer sa personnalité et gagner le respect et de sa famille puis de ses élèves.

Seulement, les extra terrestres sont bien là et Zebraman allias Shinichi l’instituteur, va devoir les combattre. Façon « incassable », avec l’idée du jeune garçon qui va pousser son père à développer ses pouvoirs et ainsi créer l’homme unique qui sauve le monde, Miike traite à mon sens de manière trop enfantine son sujet sans jamais jouer de ses atouts surprenants que le réalisateur maitrise si bien pourtant. Loin de représenter une nouveauté à quelque niveau que ce soit, Zebraman souffre très clairement d’un classicisme et d’un manque de personnalité.

Parodie sans excès, un second degré proche du néant, Miike a souhaité mettre en scène le dépassement de soi, avoir la foi nous amène à nous dépasser … Pourquoi pas ? On peut aussi penser que le respect et la personnalité de l’homme se gagnent en accomplissant des choses, en ayant un but dans la vie. Au départ un prof effacé, à la fin, un super héros qui sauve le monde. Peut-être … Cela dit, la manière de mettre en scène tout ceci n’est pas très fin et ressemble à la finale à une comptine pour une cible jeune ou adulte en mal de San Ku Kai. Miike revisite le super héros de manière banale et naïve, rien de très subtile. Bref, sans grande surprise, Zebraman divertira sans doute certains fans de Miike. Un autre AUDITION verra bien le jour sous une autre forme …

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